lundi, novembre 19, 2018
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Maladie des reins : les 6 moments à risque dans la vie d’une femme

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Par rapport aux hommes, les femmes sont plus exposées aux pathologies des reins. Que ce soit du fait de l’anatomie ou des mauvais réflexes, elles doivent se montrer particulièrement prudentes à plusieurs périodes de leur vie.

Prendre soin de ses reins, ça n’est pas toujours facile quand on est une femme. Vie professionnelle, sexuelle… Les obstacles ont tendance à se multiplier, à mesure qu’on prend en âge.

Sur les 3 millions de personnes souffrant de pathologies au niveau de cet organe, bon nombre sont donc de sexe féminin. Rien que parmi la population en dialyse ou ayant reçu une greffe, les femmes représentent 40 % des malades. Le problème, c’est que le “beau sexe” est clairement défavorisé par rapport aux hommes. En cause : des spécificités qui augmentent leur risque de développer des maladies rénales.

A chaque période de la vie, des facteurs de risque spécifiques au sexe féminin apparaissent. Et ils sont souvent ignorés. Faisons le point avec le Dr Isabelle Tostivint, néphrologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) et chargée de la communication scientifique de la Fondation du Rein.

Des risques dès l’école primaire

Dès leur arrivée à l’école, les fillettes sont exposées au risque d’infection urinaire. En cause, les toilettes scolaires. Parce qu’elles sont sales, parfois insalubres, et ne fonctionnent pas toujours, un tiers des écoliers et écolières les boycottent, d’après une étude du Cnesco. Une mauvaise habitude qui a tendance à s’installer.

“Des infections urinaires risquent de se produire parce que ces fillettes se retiennent toute la journée”, déplore Isabelle Tostivint. Sans traitement, la cystite peut remonter de la vessie jusqu’aux reins. C’est la pyélonéphrite, qui provoque des douleurs au niveau des reins et une forte fièvre.

Si elles se produisent à répétition, les infections urinaires seront de plus en plus difficiles à traiter. “L’utilisation récurrente d’antibiotiques va mener à une sélection accrue des germes de plus en plus résistants, souligne la spécialiste. Ceux-ci résisteront aux traitements et auront plus de facilités à remonter vers les reins.”

Le phénomène commence déjà à alerter : E. coli, à l’origine de nombreuses cystites, figure parmi les bactéries les plus difficiles à traiter. Certaines infections sont donc particulièrement résistantes.

Outre la menace bactérienne, le fait de se retenir pose un autre problème. “Comme les petites filles boivent peu, pour compenser, leurs urines sont tellement concentrées que des cristaux se forment”, explique la néphrologue. Ces petits cristaux, s’ils sont trop nombreux, risquent de s’agréger et mener à un calcul rénal.

Des mauvais réflexes aux premiers rapports sexuels

A cause de ces mauvaises habitudes, prises dès la petite enfance, certaines jeunes filles poursuivent les erreurs après la puberté. Les premiers rapports sexuels sont donc une période particulièrement risquée.

“Souvent, une première infection sévère se déclare parce que les jeunes femmes se lavent immédiatement après l’acte”, indique le Dr Tostivint. C’est une erreur. Les savons – même ceux destinés aux parties intimes – ont tendance à déséquilibrer la flore commensale, et en particulier celle de la flore vaginale.

Les “bonnes” bactéries de cette flore, qui font barrage, risquent alors de se montrer moins efficaces face à celles qui peuvent être introduites lors de la pénétration (E. coli notamment). Uriner, dans les trois minutes suivant le rapport, est en revanche important.

“Le fait d’uriner provoque un effet chasse d’eau : cela permet d’évacuer les germes qui auraient pu s’introduire au cours du rapport”, résume la néphrologue. Rappelons que le vagin est capable d’assurer lui-même son nettoyage. Inutile, donc, d’y introduire des produits lavants.

Une odeur après le coït n’est donc pas forcément un signe de saleté. “Si la sensation de fraîcheur importe, mieux vaut utiliser un jet d’eau pure sans savon, recommande la spécialiste. Mais il est préférable de ne pas utiliser de savons intimes à ce moment.”

Au bureau, l’eau n’est pas une option

A l’âge adulte, les femmes ont tendance à poursuivre les mauvaises habitudes prises pendant l’enfance et continuent de s’exposer aux infections urinaires. “Elles ne boivent pas assez d’eau, et cette prise est mal répartie dans la journée”, indique le Dr Tostivint. Plutôt que de s’hydrater en permanence, les travailleuses boivent par période. A tort.

Du fait de leur anatomie, les membres de la gent féminine sont plus exposées aux infections urinaires : l’anus est plus proche de l’orifice extérieur de l’urètre que chez les hommes; comme l’urètre est plus court, le chemin vers la vessie est également raccourci.

Pour rappel, il est recommandé de boire au moins 1.5 litre d’eau par jour, un apport qui sera complété par 0.6 litre via l’alimentation et 0.4 litre via la décomposition des aliments. “Cela permet d’uriner environ 1.5 à 2 litres, ce qui est bénéfique à la santé des reins”, confirme la néphrologue.

La grossesse : une période à haut risque

Au cours de la grossesse, le corps change sous l’effet des hormones et du fœtus qui se développe. Sous la pression de l’utérus, l’uretère droit (conduit entre le rein et la vessie) a tendance à être comprimé, ce qui augmente le risque d’infection urinaire.

Une surveillance régulière est également nécessaire car une pathologie, la pré-éclampsie, peut se développer. Egalement appelée toxémie gravidique, elle se caractérise par une hausse brutale de la pression artérielle (PA) et la présence de protéines dans les urines.

“Lorsqu’elle se déclare, la pré-éclampsie fait prendre trois à quatre kilos en quelques jours et les reins font mal, explique Isabelle Tostivint.  Le placenta attaque le filtre rénal; l’œdème est dû au fait que l’albumine n’est pas retenue par le rein mais passe dans les urines, qui deviennent mousseuses.” Cette pathologie est, heureusement, très rare et bien connue des obstétriciens.

Le dernier risque majeur concerne l’accouchement. Certaines femmes peuvent souffrir d’une hémorragie dite de la délivrance. “Lorsque la perte de sang dépasse deux litres, les reins ne sont plus perfusés et s’abîment”, résume la néphrologue.

Cela peut mener à une nécrose corticale qui, à terme, peut évoluer en insuffisance rénale irréversible. Mais là encore, ce type de complication reste rare.

La première cigarette : à éviter

Mieux vaut ne jamais commencer à fumer. Le tabac favorise les cancers de la vessie et des cavités rénales, mais aussi la progression de l’insuffisance rénale. En effet, il attaque directement ces organesen forme de haricot, vascularisés par de nombreux vaisseaux de très petite taille, qui souffrent des effets de la cigarette. “Malheureusement, ce sont les femmes qui paient le plus cher”, déplore Isabelle Tostivint.

Eviter les plantes chinoises à la ménopause

A la ménopause, les facteurs de risque se font plus présents pour le sexe féminin : diabète, hypertension artérielle sont plus fréquents. Les concernées ont aussi davantage tendance à se tourner vers des produits naturels pour compenser la prise de poids liée aux variations hormonales.

“Certains compléments alimentaires peuvent être toxiques pour le rein, rappelle la néphrologue. Cela a été le cas de certaines plantes chinoises, mais aussi de la vitamine C qui est toxique lorsqu’elle est prise au quotidien.”

L’idéal reste donc de demander l’avis d’un professionnel de santé avant de se tourner vers ces pilules à base de plantes. Surtout si elles doivent être prises sur une base quotidienne. “Dans ce cas, il est important de vérifier d’abord que les reins sont en bonne santé”, recommande le Dr Tostivint.

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