mercredi, février 20, 2019
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Bébé ne peut se passer de gras

Bébé ne peut se passer de gras
Bébé ne peut se passer de gras
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En matière de nutrition, il n’est pas toujours évident de faire la part entre le vrai et le faux. Prenons l’exemple des matières grasses ; Celles-ci sont communément considérées comme nocives et grossièrement évincées de la majorité des diètes parce qu’elles feraient grossir. Or, depuis plusieurs années de nombreuses études ont démontré combien les matières grasses étaient au final tout aussi indispensables au bon fonctionnement de l’organisme que les protéines, les glucides et les vitamines.

Aujourd’hui, totalement réhabilitées par les professionnels de santé, il convient néanmoins de bien distinguer les différents types de graisses au sein des lipides. Toutes les graisses ne se valent pas, et leur qualité nutritionnelle dépendra de leur composition en acides gras. Il existe 3 familles d’acides gras :

Les acides gras saturés qu’il convient de limiter à cause de leur effet délétère sur les parois vasculaires. On les trouve dans les graisses animales, l’huile de palme et l’huile de coco.

Les acides gras mono-insaturés (oméga 9) considérés comme neutre d’un point de vue nutritionnel, on les trouve dans l’huile d’olive et l’huile de tournesol.

Les acides gras poly-insaturés, appelés également Acides Gras Essentiels car l’organisme ne sait pas les fabriquer et qu’il faut absolument les apporter par notre alimentation. Plus connus sous l’appellation oméga 3 et oméga 6, on les trouve dans les poissons gras, la salade de mâche, l’huile de colza, de lin, de cameline, de noix, de chanvre… Ces nutriments représentent le bon gras et possèdent des vertus extraordinaires, particulièrement sur les plans neurologique et cardiovasculaire.

Quel que soit notre âge, il est donc indispensable de veiller à consommer une quantité quotidienne suffisante de bon gras. Cela est encore plus vrai pour Bébé qui a besoin de 3 fois plus de gras qu’un adulte proportionnellement à sa taille. A cet âge, un apport optimal en oméga 3, et en particulier en DHA (acide docosahexaénoïque du cerveau) impactera considérablement le développement, notamment cognitif, de Bébé.

Hélas, les études récentes (NutriBébé) ont démontré qu’une majorité écrasante des bébés était carencée en matières grasses. La faute incombe à l’industrie alimentaire qui a insidieusement ancré la lipophobie (peur des lipides) dans la conscience collective.

Mal informés, les parents suppriment ou omettent d’ajouter de l’huile dans les plats de leur bébé, le privant ainsi de nutriments essentiels dès le début de la diversification alimentaire. Une erreur malheureusement lourde de conséquences quand on sait tout ce que le bon gras apporte à nos tout-petits (le lait maternel, aliment de référence, est lui-même composé à plus de 50% de matières grasses).

Le bon gras, indispensable pour Bébé

Le cerveau d’un nourrisson est constitué de 50 à 60% de lipides, majoritairement d’acides gras oméga 3 et de DHA. Ces acides gras sont donc intimement liés au bon fonctionnement des neurones, ainsi qu’à leur formation. Ces corps gras sont également impliqués dans le transport des vitamines et du glucose qui est le principal carburant du système nerveux central. Bébé a donc besoin d’une importante portion journalière d’oméga 3 et de DHA pour assurer son développement psychomoteur.

Jusqu’à l’âge de 3 ans, les matières grasses devront représenter la moitié des apports énergétiques totaux de Bébé (contre 35% à l’âge adulte).

Fort heureusement, le lait maternel ainsi que les laits infantiles sont bien dosés en matières grasses et couvrent parfaitement les besoins de Bébé durant la première enfance. L’intervention des parents devra se faire plus tard au moment de la diversification alimentaire. A ce stade, il faudra impérativement enrichir de bon gras les assiettes de Bébé, car l’organisme est incapable de les synthétiser.

Huiles végétales : Quelles sont les plus indiquées chez bébé ?

A la diversification alimentaire, l’apport d’oméga 3 et de DHA peut être assuré par l’introduction des poissons gras (thon, maquereau, saumon…), mais également par certaines huiles végétales.

Colza, noix, lin, cameline, olive, tournesol, les variétés d’huiles végétales sont innombrables. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’elles ne sont pas toutes équivalentes sur le plan nutritionnel. Les meilleures huiles sont celles qui ont un apport équilibré en acides gras oméga 3 et oméga 6, comme l’huile de colza ou l’huile de noix. Contrairement à ce que l’on pense, l’huile d’olive n’est, quant à elle, pas très indiquée, justement parce qu’elle ne contient pas les nutriments les plus intéressants (ni oméga 3, ni DHA, ni vitamine E), et d’un point de vue organoleptique, elle peut perturber l’éveil du goût.

Etant donné que chaque huile végétale possède une composition propre et donc des propriétés spécifiques, l’idéal est de les varier, ou mieux d’opter pour des mélanges tout prêts. Le principe est de mixer, en proportions adaptées, des huiles aux vertus complémentaires pour agrémenter les plats de Bébé. Ainsi, en plus du lait de croissance et des poissons gras, les huiles végétales doivent systématiquement figurer au menu pour éviter toute carence délétère, afin de lui assurer des apports optimaux en oméga 3, oméga 6, DHA et vitamine E.

Santé Naturelle Mag

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