mardi, décembre 18, 2018
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Alimentation : les fausses bonnes idées

Alimentation : les fausses bonnes idées
Alimentation : les fausses bonnes idées
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Qu’est ce qu’une alimentation saine ? Dans le brouhaha des informations infinies communiquées sur le web et dans les médias, on peut se perdre. Retour à l’essentiel, retour au bon sens avec Marion Kaplan. Bionutritionniste et auteure d’ouvrages sur le thème de la santé.

Rôle majeur des intestins

Les intestins sont le siège de multiples réactions qui peuvent sévèrement bloquer le métabolisme et favoriser un certain nombre de troubles. A la lumière de plusieurs études récentes qui mettent l’intestin au centre de la santé, certaines certitudes sur l’alimentation et la digestion doivent donc être sérieusement réévaluées.

Exemple de la déminéralisation. On a récemment découvert qu’elle n’était pas due à un pH trop acide mais aux effets d’une inflammation chronique entraînée par un déséquilibre, en quantité et en qualité, des bactéries intestinales.

Critère de l’acidité. Ce n’est pas l’acidité de la flore qui accélère le vieillissement mais les infections virales chroniques de l’intestin grêle qui perturbent l’absorption des aliments et provoquent des carences, par exemple en vitamine D. La vitamine D, liposoluble, est absorbée dans l’iléon terminal avec les graisses. Toute altération de l’iléon terminal résulte rapidement en une baisse sévère du taux de vitamine D.

Les Rhumatismes. Les rhumatismes se développent eux aussi à cause de carences vitaminiques et de troubles du transit qui finissent par provoquer des altérations des structures articulaires, et non pas à cause d’un excès d’acidité sanguine.

Idées reçues sur l’acidité

Il est vrai que l’acidité provoque une pullulation des bactéries intestinales, puis une fermentation et une putréfaction du bol alimentaire. Mais, pour les aliments, leur classement en « acide » ou « alcalin » est à revoir. Par exemple, ceux qui fermentent sont toujours acidifiants car les bactéries intestinales les transforment en alcool et acides butyrique, acétique ou propionique. C’est ainsi que chez de nombreuses personnes, la pomme de terre et la carotte sont acidifiantes… En revanche, les aliments absorbés au niveau de l’intestin grêle ne passent pas par l’étape de putréfaction et, du coup, sont alcalinisants. C’est le cas du canard, riche en oméga-9, et des poissons gras (saumon, thon, maquereau, etc.), riches en oméga-3, qui sont bel et bien antioxydants.

Toutes les idées reçues sur l’effet de l’acidité sont donc à revoir et continuent de faire l’objet de recherches.

Les neurotransmetteurs sont fabriqués dans l’estomac

Les neurotransmetteurs nous renvoient à un autre domaine passionnant pour explorer le rôle du système digestif et précisément celui des bactéries intestinales. Celles-ci on en effet une action majeure sur les neurotransmetteurs, messagers chimiques de l’organisme.

Il faut savoir que le fœtus n’a pas de flore bactérienne propre, il vit donc sur celle de sa mère. Son premier essaimage a lieu au moment de sa naissance, grâce à la flore vaginale de sa maman puis aux bactéries qu’il respire. C’est cette flore primaire qui crée son milieu bactérien pour la vie entière. Une flore secondaire la complète au contact du sein de la maman, au moment des tétées. Si l’enfant n’a pas bénéficié de ces deux essaimages, sa flore sera déficiente et lui sera toute sa vie plus fragile, plus sensible aux allergies par exemple, mais aussi à de nombreuses pathologies.

Or c’est dans les intestins qu’on fabrique 70 % des neurotransmetteurs. Une flore défectueuse engendre forcément un déséquilibre entre ceux qui stimulent (adrénaline, dopamine, acétylcholine) et ceux qui apaisent (sérotonine, GABa).

Les neurotransmetteurs contribuent largement à façonner notre comportement, on comprend dès lors que leur déséquilibre influence profondément notre personnalité. Les recherches en cours mettent ainsi en évidence l’influence de l’alimentation sur l’équilibre de notre flore intestinale, et donc sur notre comportement. Il est en tout cas démontré qu’une malabsorption du fructose ou du lactose, ou encore qu’une flore méthanogène favorise la dépression. Un excès de polyamines (parfois rattaché à un excès protéique) favorise les douleurs, l’anxiété et les troubles de la coordination ou du comportement compulsif. Nos pulsions alimentaires sont très révélatrices de ce que nous sommes.

Comprendre l’équilibre bactérien …

Le déséquilibre bactérien conduit à une fermentation excessive qui produit des graisses et alcools, entraînant un excès de graisse viscérale et une inflammation hépatique qui perturbent gravement le métabolisme (surpoids, cholestérol, hypertension et diabète). Dans les conditions d’un déséquilibre, les bactéries vivantes produisent des toxines qui rendent la paroi intestinale perméable au passage de plus gros fragments de bactéries et d’aliments, des fragments que les globules blancs sous-muqueux essaient de détruire, ce qui provoque une inflammation. Or toute inflammation chronique entraîne une baisse de l’immunité antivirale et antitumorale de l’organisme, d’où un plus grand risque de développer un cancer. La fermentation intestinale est ainsi devenue la principale cause de mortalité dans le monde occidental.

Pour éviter cette fermentation bactérienne, la première solution est alimentaire. Elle préconise l’arrêt des laitages et des pré- et probiotiques, qui créent une pullulation bactérienne, la diminution de la portion quotidienne de fruits crus et le blanchiment des légumes. Il faut aussi opter pour des protéines de volailles et poissons, et abandonner celles de mammifères.

La seconde solution contre la fermentation est sportive : le vélo et la course à pied, en particulier, augmentent significativement les capacités d’absorption de l’intestin grêle.

Pourquoi pas de la viande de mammifères ?

Les mammifères possèdent des récepteurs appelés « siglec » qui diminuent les réactions inflammatoires aux germes les plus courants et les moins agressifs. Chez les humains, ils ont muté il y a 100 000 ans et réagissent moins violemment aux germes courants, et les nouveau-nés développent moins de septicémies aux streptocoques. Quand on consomme de la viande de mammifères, ses récepteurs siglec, moins inhibiteurs, se fixent sur nos membranes et interfèrent avec les nôtres. On augmente alors le risque de développer un statut inflammatoire chronique…

Les produits laitiers, une fausse bonne idée

L’index glycémique très bas des produits laitiers et des yaourts incite aujourd’hui encore les médecins et les diététiciens à les recommander à leurs patients, y compris diabétiques. Or des chercheurs suédois et danois ont récemment découvert que l’indice insulinique des yaourts était en fait élevé, à cause de l’abondance de protéines inconnues dans le lactosérum des produits laitiers. Des recherches doivent confirmer ces travaux.

Manger du yaourt, c’est donc une fausse bonne idée, aussi bien pour les diabétiques que pour les consommateurs en général, car les protéines perturbent gravement le système immunitaire et diffusent des messages hormonaux de croissance inutiles et même dangereux pour des adultes dont la croissance, justement, est terminée…

 

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